Rapport Annuel 2023 - FEE - Flipbook - Page 60
Ce qui est vrai pour les familles l’est aussi pour le système éducatif.
Isabelle Noël, professeure formatrice et chercheure à la Haute École Pédagogique
du Canton de Fribourg a effectué une revue de la littérature existante et les apports
de l’inclusion pour les autres enfants de la classe [1]. Elle souligne le développement
de compétences sociales [2] voire dans certains cas, un apport au niveau des
apprentissages chez les autres enfants [3]. Isabelle Noël conclut en ces termes : « il
apparait clairement que les mesure d’aide fournies à l’enfant intégré peuvent
bénéficier à d’autres enfants si elles sont exploitées à bon escient ». Ceci est
d’autant plus vrai pour d’autres enfants qui ne sont pas formellement reconnus
comme étant en situation de handicap mais néanmoins en difficulté. Elle ajoute que
« la situation d’intégration bénéficie également largement au maître titulaire ».
Ainsi, l’état actuel de la recherche montre que l’inclusion de différents profils
d’apprentissages, au-delà de découler des droits accordés par les conventions
internationales ratifiées par la Suisse et de bénéficier aux premiers concernés,
amène aussi des bénéfices pour les autres enfants, et au sens plus large, pour toute
la société sur le long terme.
En conclusion, nous dirons donc ceci : une éducation inclusive doit être pensée et
mise en œuvre dans une approche écosystémique. Il serait ainsi réducteur de
rapporter le coût à un enfant, sans considérer tous les bénéficiaires indirects et les
coûts répercutés par une absence de prise en charge ou une prise en charge
déficiente, notamment sur les parents et les fratries, ou le système éducatif dans
son ensemble.
[1] « A qui profite l’intégration ? Intégration scolaire d’enfants en situation de handicap : perception par les enseignantes et enseignants
titulaires des apports pour les autres enfants de la classe », Prof. Isabelle Noël, in Formation et pratiques d’enseignement en question,
N°9, 2009, pp. 177-197.
[2] Développement des compétences sociales chez les autres enfants : Les enfants tout-venant qui ont été dans des classes intégrées
présentent en général des attitudes plus favorables envers les personnes différentes en général. Les attitudes sont plus favorables chez
les adolescents qui ont vécu l’intégration au quotidien par rapport aux autres. Enfants et adolescents développent des compétences pour
aider, sont plus tolérants et plus patients. Chez les enfants timides et moins sûrs d’eux, il a été constaté une augmentation de l’estime de
soi et de la confiance en soi (cité, Noël, 2009).
[3] Apport au niveau des apprentissages chez les autres enfants : la présence d’un enfant porteur de handicap ne prétérite pas ses
camarades. Si les bonnes adaptations sont mises en place, leur effet bénéficie à tout le groupe classe en particulier à des enfants qui ne
sont pas formellement reconnus comme étant en situation de handicap mais qui sont néanmoins en difficulté dans un domaine ou un
autre (cité, Noël, 2009).
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